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Produit

Notre façon de penser le signal client

Les retours clients ne sont pas un tas de citations. C'est un flux de signal, et le traiter comme tel change ce que votre équipe produit livre.

Mara IosefoCofondatrice et CEO

4 min de lecture

Toutes les équipes produit disent la même chose : nous écoutons nos clients. Très peu savent répondre à la question suivante : qu’avez-vous entendu la semaine dernière, et qu’est-ce que cela a changé ?

Cet écart tient rarement à un manque de rigueur. C’est un problème de données. Les retours arrivent sous forme de mille petits fragments : un ticket de support par-ci, une note commerciale par-là, un avis à deux étoiles, une phrase lâchée au détour d’un enregistrement d’appel. Chaque fragment se lit facilement et s’oublie tout aussi facilement. Aucun d’eux, pris isolément, ne vous dit quoi construire.

Chez Lagoon, nous employons le mot signal à dessein. Le signal, c’est ce qui reste quand on agrège les fragments, qu’on retire le bruit et qu’on observe bouger ce qui subsiste au fil du temps. Cet article explique notre façon de penser ce processus, parce qu’il façonne discrètement chaque écran du produit.

Un retour est un événement, le signal est une récurrence

Un retour isolé est un événement. Il a un auteur, un moment et une humeur. Il est sincère, mais il est aussi circonstanciel : le client vient de tomber sur un bug, ou de recevoir sa facture de renouvellement, ou il passe simplement une mauvaise journée.

Une récurrence, c’est autre chose. Quand quarante clients décrivent la même friction le même mois, avec leurs propres mots et par des canaux différents, les circonstances s’annulent et le fond demeure. Voilà le signal, et il a gagné sa place dans vos discussions de roadmap.

Une citation, c’est une anecdote. Quarante citations qui contiennent le même verbe, c’est un plan.

Le piège dans lequel tombent la plupart des équipes, c’est de débattre à partir d’anecdotes. La citation la plus bruyante l’emporte, et c’est en général celle qu’a transférée la personne la plus haut placée dans la pièce. L’agrégation, c’est ce qui fait passer les retours du statut d’arme rhétorique à celui d’instrument partagé.

Les trois questions que nous posons à chaque thème

Quand un groupe de retours devient assez gros pour mériter un nom, nous lui faisons passer trois questions avant de lui accorder le mot signal :

  • Qui le dit ? Un thème porté par des utilisateurs en période d’essai n’a pas le même sens que le même thème porté par vos dix plus gros comptes.
  • Est-ce que ça bouge ? Les thèmes stables font partie du décor. Ceux qui ont doublé d’un trimestre à l’autre sont ceux qui finissent dans les annonces de lancement.
  • Qu’est-ce que cela changerait si nous agissions ? Certains thèmes sont réels mais se règlent à peu de frais avec un texte ou de la documentation. D’autres relèvent d’un vrai travail produit. Nommer l’action probable garde la revue honnête.

Aucune de ces questions n’exige une équipe de data science. Elles exigent des retours étiquetés, dédoublonnés et rattachés à de vrais comptes, c’est-à-dire précisément le travail ingrat que Lagoon automatise pour vous.

La segmentation vous empêche de vous raconter des histoires

La première question compte plus que les deux autres réunies, parce que les moyennes mentent. Une fonctionnalité qui ravit les petites équipes peut être exactement celle qui bloque les déploiements en grande entreprise. Nous découpons chaque thème par offre, par taille de compte et par étape du cycle de vie avant d’autoriser qui que ce soit à tirer une conclusion, et nous vous recommandons d’en faire autant même si vous n’utilisez jamais notre produit.

Ce que cela change en pratique

Les équipes qui adoptent l’état d’esprit signal changent vite trois habitudes.

D’abord, elles cessent de traiter la boîte de réception des retours comme une file d’attente à vider. Le zéro message en attente est un objectif de support, pas un objectif de compréhension. Il ne s’agit pas de répondre à chaque fragment. Il s’agit de laisser les fragments s’accumuler jusqu’à ce qu’ils dessinent des formes sur lesquelles on peut agir.

Ensuite, leurs réunions de roadmap raccourcissent. Quand les thèmes arrivent déjà pondérés, classés selon qui les porte et à quelle vitesse ils progressent, la discussion passe de « le problème est-il réel ? » à « qu’est-ce que l’équipe en fait ? ». Voilà un débat qui mérite largement une heure.

Enfin, elles bouclent la boucle. Comme chaque thème reste relié aux personnes qui l’ont nourri, livrer le correctif s’accompagne d’une liste toute prête de clients à prévenir. Un petit message qui dit « vous l’avez demandé, nous l’avons construit » reste le programme de rétention le moins cher jamais inventé.

Commencez plus petit que vous ne le pensez

Vous n’avez pas besoin de brancher tous les canaux dès le premier jour. Choisissez les deux endroits où vos clients sont les plus francs, en général les tickets de support et les appels commerciaux, et laissez le flux tourner quatre semaines. La première fois qu’une récurrence apparaîtra sans que personne dans la pièce l’ait prévue, l’état d’esprit se vendra tout seul.

Vos clients vous disent déjà quoi construire ensuite. Le signal, c’est simplement la décision de les entendre dans leur ensemble, semaine après semaine, et de laisser ce flux, plutôt que la voix la plus forte, fixer l’ordre du jour.

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